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Névralgie du trijumeau : symptômes, causes,
diagnostic et prise en charge
La névralgie du trijumeau est une douleur faciale chronique caractérisée par des décharges électriques brèves, intenses et répétées dans le territoire du nerf trijumeau. Cette pathologie rare mais handicapante affecte les personnes de tous âges mais principalement de plus de 50 ans. Elle bénéficie aujourd’hui d’un large éventail de traitements, du médicament à la radiochirurgie stéréotaxique, chacun adapté à des profils de patients spécifiques.
incidence annuelle en France
pathologie rare mais bien caractérisée
branches du nerf trijumeau
ophtalmique · maxillaire · mandibulaire
pic d’incidence typique
prédominance féminine (ratio 3/2)
Définition de la névralgie du trijumeau ?
La névralgie essentielle du trijumeau, autrefois appelée « tic douloureux de la face » ou « maladie de Trousseau », est une neuropathie douloureuse chronique caractérisée par des décharges paroxystiques de caractère électrique dans le territoire du nerf trijumeau, cinquième paire de nerfs crâniens et principal nerf sensitif du visage.
Illustration névralgie du trijumeau – Anatomie 3 branches

Épidémiologie
La névralgie du trijumeau est une pathologie rare mais bien caractérisée. Elle affecte environ 4 à 5 personnes sur 100 000 par an en France, avec une prédominance féminine (ratio 3:2) et un pic d’incidence entre 50 et 70 ans. Certaines formes surviennent plus précocement chez des patients porteurs d’une sclérose en plaques, chez qui la névralgie du trijumeau constitue parois un symptôme révélateur de la maladie.
Anatomie du nerf trijumeau
Le trijumeau est un nerf mixte à prédominance sensitive qui assure l’innervation cutanée du visage à travers trois branches distinctes, ophtalmique, maxillaire et mandibulaire, dont la racine sensitive émerge du tronc cérébral au niveau de la protubérance annulaire, une zone particulièrement vulnérable aux conflits vasculo-nerveux.
- Branche ophtalmique (V1) — front et région péri-orbitaire
- Branche maxillaire (V2) — joue supérieure et lèvre supérieure
- Branche mandibulaire (V3) — mâchoire inférieure et lèvre inférieure
La névralgie du trijumeau est une pathologie rare mais bien caractérisée. Elle affecte environ 4 à 5 personnes sur 100 000 par an en France, avec une prédominance féminine (ratio 3:2) et un pic d’incidence entre 50 et 70 ans. Certaines formes surviennent plus précocement chez des patients porteurs d’une sclérose en plaques, chez qui la névralgie du trijumeau constitue parfois un symptôme révélateur de la maladie.
Comment se manifeste la maladie ?
Dans la grande majorité des formes idiopathiques, la névralgie du trijumeau est liée à un conflit vasculo-nerveux, un vaisseau artériel ou veineux qui, au fil du temps, vient au contact étroit avec la racine sensitive du trijumeau à sa sortie du tronc cérébral. Ce contact prolongé, souvent aggravé par les pulsations vasculaires, provoque une démyélinisation localisée du nerf, qui altère la conduction nerveuse et génère les décharges électriques anormales à l’origine de la douleur.
Caractéristiques principales de la douleur
| Siège | Unilatéral dans plus de 95 % des cas, dans le territoire d’une seule branche du trijumeau — le plus souvent V2 (joue) ou V3 (mâchoire), plus rarement V1 (front). |
| Nature | Décharges électriques ou fulgurantes, décrites par les patients comme un coup de poignard, une brûlure aiguë ou une secousse électrique. |
| Durée | Chaque décharge est brève, de quelques secondes à quelques dizaines de secondes, mais peut se répéter en salves rapprochées. |
| Intensité | Extrême, souvent décrite comme la pire douleur jamais ressentie. La névralgie du trijumeau était historiquement surnommée « la maladie du suicide » en raison du retentissement psychologique majeur. |
| Déclenchement | Un contact minime dans une zone dite « gâchette » (trigger zone) suffit à déclencher une crise : parole, mastication, brossage des dents, contact avec l’air froid, effleurement du visage. |
Évolution naturelle
L’évolution naturelle est faite d’alternance entre périodes symptomatiques et rémissions spontanées de durée variable, de quelques semaines à plusieurs mois. Ces rémissions se raccourcissent progressivement avec le temps, et la maladie tend à s’aggraver et à devenir de plus en plus résistante aux traitements médicamenteux au cours de l’évolution.
Pour aller plus loin — description clinique détaillée des zones gâchette, formes typiques et atypiques, retentissement sur la vie quotidienne : notre article dédié aux symptômes de la névralgie du trijumeau explore ces aspects en profondeur. Voir l’article
Quelles sont les causes de la névralgie du trijumeau ?
Le conflit vasculo-nerveux, cause la plus fréquente
Dans la grande majorité des formes idiopathiques, la névralgie du trijumeau est liée à un conflit vasculo-nerveux : un vaisseau artériel ou veineux qui, au fil du temps, vient au contact étroit avec la racine sensitive du trijumeau à sa sortie du tronc cérébral. Ce contact prolongé, souvent aggravé par les pulsations vasculaires, provoque une démyélinisation localisée du nerf. Cette démyélinisation altère la conduction nerveuse et génère les décharges électriques anormales à l’origine de la douleur.
Illustration névralgie du trijumeau – Conflit vasculo-nerveux

Les causes secondaires
Dans une minorité de cas (10 à 20 %), la névralgie relève d’une cause secondaire identifiable, qui doit être systématiquement recherchée par l’imagerie car sa présence modifie profondément la stratégie thérapeutique :
- Sclérose en plaques (SEP) — cause fréquente chez les patients jeunes ; la névralgie du trijumeau peut être un symptôme révélateur de la maladie
- Tumeur de l’angle ponto-cérébelleux — schwannome vestibulaire, méningiome
- Malformation artério-veineuse (MAV) — compression vasculaire anormale
- Kyste épidermoïde — kyste bénin de la fosse postérieure
- Autres compressions ou lésions du trijumeau
Y a-t-il des facteurs de risque connus ?
Les principaux facteurs de risque identifiés à ce jour sont l‘âge (pic entre 50 et 70 ans), le sexe féminin (ratio 3:2), et la présence d’une sclérose en plaques. Il n’existe pas de prédisposition génétique clairement établie pour les formes idiopathiques, ni de facteurs de risque comportementaux ou environnementaux démontrés.
Comment le diagnostic est posé ?
Le diagnostic de névralgie du trijumeau est avant tout clinique. Il repose sur la reconnaissance du syndrome douloureux caractéristique décrit plus haut, associée à un examen neurologique typiquement normal en dehors des crises.
L’IRM cérébrale, examen indispensable
L’imagerie par résonance magnétique cérébrale est indispensable dans tous les cas, non pas pour poser le diagnostic mais pour deux raisons complémentaires :
- Éliminer une cause secondaire — tumeur, sclérose en plaques, malformation vasculaire, kyste épidermoïde
- Rechercher un conflit vasculo-nerveux au contact de la racine du trijumeau, grâce à des séquences dédiées haute résolution (CISS, FIESTA) qui offrent un contraste optimal entre le nerf, le liquide céphalo-rachidien et les vaisseaux adjacents

Diagnostic différentiel : les autres douleurs faciales
De nombreuses affections peuvent mimer une névralgie du trijumeau. Le bilan clinique et complémentaire doit permettre d’éliminer :
- Pathologie dentaire (rage de dent atypique, abcès)
- Algie vasculaire de la face
- Névralgie post-herpétique
- Sinusite chronique
Pour aller plus loin — protocole IRM détaillé, séquences 3T CISS/FIESTA, examens complémentaires en cas de forme atypique, place de l’électrophysiologie.
La prise en charge de la névralgie du trijumeau
La prise en charge de la névralgie du trijumeau repose sur plusieurs approches complémentaires, adaptées à la sévérité, à la résistance de la maladie et au profil du patient. Les décisions thérapeutiques se prennent toujours en concertation avec le patient et son neurologue référent, souvent en réunion pluridisciplinaire au sein d’un centre expert.
Quatre grandes voies thérapeutiques reconnues
- Traitement médicamenteux : première ligne pour tous les patients, principalement basé sur les antiépileptiques (carbamazépine, oxcarbazépine). Souvent efficace initialement, mais son efficacité tend à s’épuiser au fil des années.
- Décompression microvasculaire : intervention neurochirurgicale à visée étiologique qui vise à séparer le vaisseau responsable du conflit de la racine du trijumeau, par abord rétro-sigmoïdien sous anesthésie générale.
- Thermocoagulation percutanée : technique interventionnelle mini-invasive qui lèse sélectivement les fibres nociceptives du ganglion trigéminal.
- Radiochirurgie stéréotaxique : technique non invasive qui cible la racine du trijumeau sans incision ni anesthésie générale, en une séance ambulatoire. C’est cette technique qui est proposée au CERES via le système ZAP-X®.
Chacune de ces techniques a ses indications propres, ses avantages et ses limites. Le choix dépend de nombreux facteurs : réponse aux médicaments, âge du patient, comorbidités, présence ou non d’un conflit vasculo-nerveux visible à l’imagerie, préférences personnelles.
L’essentiel à retenir
- La névralgie essentielle du trijumeau est caractérisée par des décharges électriques brèves et intenses dans le territoire du nerf trijumeau, principalement dans la joue, la mâchoire ou plus rarement le front.
- Elle affecte environ 4 à 5 personnes sur 100 000 par an en France, avec une prédominance féminine et un pic d’incidence entre 50 et 70 ans.
- La cause la plus fréquente est un conflit vasculo-nerveux : un vaisseau qui vient écraserle nerf trijumeau à sa sortie du tronc cérébral.
- Le diagnostic est clinique, confirmé par une IRM cérébrale avec séquences dédiées (CISS, FIESTA) qui recherche le conflit vasculo-nerveux et élimine les causes secondaires.
- Plusieurs voies de prise en charge existent, traitement médicamenteux en première ligne. En cas d’échec ou d’intolérance des médicaments, des techniques neurochirurgicales peuvent être proposées : décompression microvasculaire, thermocoagulation ou radiochirurgie stéréotaxique.
Informations médicales
Approfondir avec nos articles dédiés sur les pathologies fonctionnelles
Pour approfondir chaque angle (symptômes, diagnostic, traitements, radiochirurgie ZAP-X®, résultats et suivi) consultez nos publications médicales dédiées aux pathologies fonctionnelles, toutes signées et validées par un médecin du CERES.
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Chaque article est signé et validé par le comité éditorial médical du CERES · Sources scientifiques référencées
FAQ CERES
FAQ sur la névralgie du trijumeau
Sources et bibliographie
Sources scientifiques et bibliographie
Cet article s’appuie sur les principales publications scientifiques internationales et les recommandations françaises et européennes en vigueur.
- Bendtsen L, Zakrzewska JM, Abbott J, Braschinsky M, Di Stefano G, Donnet A, et al. European Academy of Neurology guideline on trigeminal neuralgia. Eur J Neurol. 2019;26(6) : 831-849. DOI : 10.1111/ene.13950
- Haute Autorité de Santé. Névralgie essentielle du trijumeau — protocole national de diagnostic et de soins. HAS, 2023.
- International Classification of Headache Disorders, 3rd edition (ICHD-3). Painful cranial neuropathies and other facial pains. Cephalalgia. 2018;38(1) : 1-211.
- Régis J, Tuleasca C, Resseguier N, Carron R, Donnet A, Yomo S, Gaudart J, Levivier M. Long-term safety and efficacy of Gamma Knife surgery in classical trigeminal neuralgia : a 497-patient historical cohort study. J Neurosurg. 2016;124(4) : 1079-87. DOI : 10.3171/2015.2.JNS142144
- Tuleasca C, Régis J, Sahgal A, De Salles A, Hayashi M, Ma L, Martínez-Álvarez R, et al. Stereotactic radiosurgery for trigeminal neuralgia : a systematic review. J Neurosurg. 2019;130(3) : 733-757. DOI : 10.3171/2017.9.JNS17545

Dr Jean-Charles Kleiber
Neurochirurgien · CERES
Praticien hospitalier au CHU de Reims, il exerce en chirurgie de l’angle pontocérébelleux, en chirurgie de la névralgie faciale et en radiochirurgie.
Cet article a été relu et validé par le Dr Jean-Charles Kleiber
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