Pathologies traitées | Tumeurs malignes & métastases | Indication
Gliomes en récidive
Le glioblastome, le gliome malin le plus fréquent chez l’adulte, récidive chez la grande majorité des patients malgré un traitement initial associant chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. Cette récidive pose deux questions successives, confirmer qu’il s’agit bien d’une récidive plutôt que d’une réaction au traitement (radionécrose), puis choisir, parmi plusieurs approches thérapeutiques, celle la mieux adaptée à la situation du patient. Cette page présente ces deux étapes et la place qu’y occupe la réirradiation stéréotaxique proposée au CERES.
des patients concernés par une pseudo-progression
le plus souvent dans les 3 mois suivant le traitement
âge médian au diagnostic
glioblastome, grade 4 selon l’OMS
de survie médiane
malgré le traitement initial
Le glioblastome est un gliome à forte tendance à la récidive
Le glioblastome est un gliome de grade 4 selon la classification de l’Organisation mondiale de la santé, la forme la plus agressive des tumeurs gliales.
Illustration de la localisation et de l’infiltration du glioblastome

Épidémiologie
Son incidence annuelle est estimée à environ 3,19 cas pour 100 000 personnes aux États-Unis, avec des variations internationales situées entre 0,6 et 3,7 cas pour 100 000 selon les registres (2,3 à 3,7 / 100 000 personnes-années en France), et un âge médian au diagnostic d’environ 65 ans.
Le pronostic
Malgré un traitement initial associant le plus souvent chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie, la survie médiane reste de l’ordre de 15 mois, et la récidive concerne la grande majorité des patients traités, ce qui fait de sa prise en charge à ce stade un enjeu central du suivi de la maladie.
Le glioblastome en chiffres
| Classification | Gliome de grade 4 selon l’OMS, la forme la plus agressive des tumeurs gliales. |
| Incidence en France | 2,3 à 3,7 cas pour 100 000 personnes-années. |
| Traitement initial | Le plus souvent chirurgie, radiothérapie et chimiothérapie. |
| Survie médiane | De l’ordre de 15 mois. |
| Récidive | Chez la grande majorité des patients traités. |
À savoir : Une IRM qui s’aggrave après le traitement ne signifie pas forcément une récidive, en particulier dans les trois mois qui suivent la fin du traitement.
Confirmer la récidive, le piège de la pseudo-progression
Après une radio-chimiothérapie, une IRM qui montre une prise de contraste plus importante qu’auparavant ne traduit pas toujours une récidive tumorale. Ce phénomène, appelé pseudo-progression, correspond à une réaction inflammatoire et vasculaire du tissu traité plutôt qu’à une repousse de la tumeur. Il concerne, selon une méta-analyse récente, environ 36 % des patients, le plus souvent dans les trois mois qui suivent la fin du traitement.
Distinguer pseudo-progression et véritable progression
Le distinguer d’une véritable progression tumorale sur la seule imagerie standard reste difficile, ce qui justifie le recours à des séquences complémentaires, l’imagerie de perfusion, dont la sensibilité et la spécificité sont respectivement de l’ordre de 84 % et 78 % pour la technique la plus courante, ou la spectroscopie par résonance magnétique, qui mesure des rapports de métabolites significativement plus élevés en cas de véritable progression.
Une distinction qui conditionne la décision
Cette distinction conditionne directement la décision thérapeutique, une pseudo-progression ne justifiant pas, à elle seule, un changement de traitement.
La prise en charge des gliomes en récidive
Plusieurs stratégies sont envisageables à la récidive, dont le choix dépend de l’état général du patient, de la localisation et du volume de la récidive, ainsi que du délai écoulé depuis le traitement initial.
- Une nouvelle chirurgie peut être proposée lorsque la récidive est accessible et que son exérèse est susceptible d’améliorer les symptômes ou de faciliter un traitement complémentaire en fonction de l’état clinique du patient.
- Un changement de chimiothérapie est également discuté, seul ou associé à une irradiation, selon le profil moléculaire de la tumeur et les traitements déjà reçus.
- La réirradiation stéréotaxique constitue une troisième option, de plus en plus proposée pour les récidives de petite taille non accessibles à la chirurgie ou chez des patients déjà lourdement traités par les approches précédentes.
Cette décision est prise lors de réunions collégiales.
La réirradiation stéréotaxique au CERES
Le CERES, premier centre du Grand Est équipé du système ZAP-X®, propose la réirradiation stéréotaxique pour les gliomes en récidive répondant à des critères précis, un état général suffisant évalué par l’indice de Karnofsky, une taille de récidive compatible avec une irradiation focale, et un délai suffisant depuis la radiothérapie initiale pour limiter le risque de toxicité cumulée sur le tissu cérébral déjà irradié. L’éligibilité est évaluée au cas par cas lors de la réunion de concertation pluridisciplinaire du CERES, en tenant compte de l’ensemble de ces paramètres plutôt que d’un seul critère isolé.
Les données publiées
Les données publiées sur la réirradiation stéréotaxique du glioblastome en récidive montrent un bénéfice de survie réel mais modeste. Une étude rétrospective a ainsi rapporté une survie médiane de 9,9 mois après réirradiation contre 3,5 mois sans réirradiation, l’intervalle médian entre la radiothérapie initiale et la réirradiation étant de 15,2 mois dans cette cohorte. Ce résultat, issu d’une étude unique et non d’un consensus, illustre un ordre de grandeur plutôt qu’une donnée universelle. Ce bénéfice, de quelques mois, ne fait pas de la réirradiation un traitement curatif, mais une prise en charge susceptible de prolonger la survie et de retarder l’aggravation des symptômes chez des patients sélectionnés.
À savoir : Le CERES est un centre de radiochirurgie. Une nouvelle chirurgie, lorsqu’elle est envisagée, relève d’une équipe de neurochirurgie, en coordination avec laquelle le CERES peut intervenir pour la réirradiation stéréotaxique.
L’essentiel à retenir
- Le glioblastome, gliome de grade 4 selon l’Organisation mondiale de la santé, est le gliome malin le plus fréquent chez l’adulte et récidive chez la grande majorité des patients traités.
- Après une radio-chimiothérapie, une IRM qui s’aggrave ne traduit pas toujours une récidive, une pseudo-progression concernant environ 36 % des patients.
- L’imagerie de perfusion et la spectroscopie par résonance magnétique aident à distinguer pseudo-progression et véritable progression tumorale.
- À la récidive, plusieurs stratégies sont envisageables, nouvelle chirurgie, changement de chimiothérapie ou réirradiation stéréotaxique, décidées lors de réunions collégiales.
- Le CERES propose via le système ZAP-X® la réirradiation stéréotaxique pour les gliomes en récidive répondant à des critères précis, avec un bénéfice de survie réel mais modeste.
FAQ CERES
FAQ sur les gliomes en récidive
Sources et bibliographie
Sources scientifiques et bibliographie
Cet article s’appuie sur la littérature médicale de référence.
- Tamimi AF, Juweid M. Epidemiology and Outcome of Glioblastoma. In : Glioblastoma. Codon Publications; 2017. Chapitre 8.
- Defossez G, Le Guyader-Peyrou S, Uhry Z, Grosclaude P, Colonna M, Dantony E, et al. Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018. Volume 1, Tumeurs solides. Étude à partir des registres des cancers du réseau Francim. 2019.
- Young JS, Al-Adli N, Scotford K, Cha S, Berger MS. Pseudoprogression versus true progression in glioblastoma : what neurosurgeons need to know. J Neurosurg. 2023;139(3) : 748-759.
- Spalding AC. Impact of Reirradiation Utilizing Fractionated Stereotactic Radiotherapy for Recurrent Glioblastoma. Cureus. 2024;16(1) : e53001.
- Association des neuro-oncologues d’expression française (ANOCEF). Référentiel Glioblastome. Version 2025.
Dr Benoit Marlier
Neurochirurgien · CERES
Neurochirurgien dans le service de neurochirurgie du CHU de Reims, à l’hôpital Maison-Blanche.
Cet article a été relu et validé par le Dr Benoit Marlier
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